Home » Non classé » Exclusif, entretien avec Bernard Giudicelli, président de la FFT: réformes et perspectives au sein de la FFT (1ère Partie)

Exclusif, entretien avec Bernard Giudicelli, président de la FFT: réformes et perspectives au sein de la FFT (1ère Partie)

1 186 vu

Entretien accordé par M.Bernard Giudicelli, Président de la FFT, le 4 mars 2017

Dans une première partie nous avons voulu aborder les visions d ‘avenir et les évolutions de la FFT.

Puis , dans la continuité, nous avons évoqué l’esprit du tennis, du jeu, l’aide apportée par la fédération aux joueurs français, champions et jeunes en devenir.

Enfin, les aspects plus spécifiques des deux grands tournois organisés par la FFT, Roland Garros et Bercy ont été précisés.

Première Partie ; La FFT, Réformes et Perspectives

Question : Concernant le mode de scrutin c’est bien sûr la pierre angulaire de notre système démocratique et l’outil indispensable pour forger votre légitimité , ce mode de scrutin a été décrié durant la campagne, pensez vous qu’il y a lieu de le réformer ?

Réponse : Non parce que ce qui fait tourner le tennis au quotidien, ce sont les dirigeants de clubs et ce qui fait tourner le tennis au quotidien, c’est leur capacité à s’organiser sur les territoires, donc aujourd’hui les fédérations fonctionnent en territoires, ces territoires on les appelle des ligues ou des comités départementaux et il est normal que les clubs désignent leurs représentants pour ce qui est de l’assemblée générale.

Le système électoral qui consisterait à faire élire le Président ou le Comité Exécutif directement par les clubs résulterait ou en tout cas se traduirait, par un système politique tel qu’on le connait aujourd’hui où la communication, ou pourquoi pas demain les réseaux sociaux, prendraient le pas sur la réalité des liens qui nous unissent et aujourd’hui le système électoral c’est avant tout le système qui relie la fédération à ses clubs.

Le système électoral a surtout changé avec la nouvelle gouvernance qui prévoit que la liste qui arrive en tête, emporte le président , le comité exécutif , et le projet sportif en même temps.

Ça permet de débarrasser la Fédération de tous les enjeux, de toutes les rivalités politiques qui l’ont faite souffrir pendant toutes ces années, avoir à la tête de l’exécutif une opposition s’est s’assurer que demain les choix qui seront faits ne seront que des choix de compromission.

Aujourd’hui, la fédération, elle a besoin de faire une révolution culturelle, je l’ai dit souvent dans la campagne , de remettre l’église au milieu du village et donc de retourner à la source, à la source du jeu que sont les clubs mais aussi à la source de la motivation dans notre compétition qui est la gagne, je pense qu’on y reviendra quant on parlera de l’attribution des Wild Card.

Question : 

On va aborder un deuxième sujet , celui qui a fâché , qui a fait parler, qui a fait jaser : les problèmes de la FFT avec la justice.

Précisément, la fameuse ordonnance qui a nommé un mandataire ad hoc pour représenter les intérêts de la FFT. À cette occasion, un journaliste de Médiapart, Laurent MAUDUIT, a dirigé des attaques assez sévères contre la FFT et à votre encontre, comment expliquez la fixation de cette personne sur la FFT et sur le nouveau président de la Fédération Française de Tennis que vous représentez ?

Réponse : Ecoutez, moi je m’en tiendrai à une attitude très simple c’est qu’il y a dans notre pays des libertés et la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. Donc moi en tant que président, désormais je ferai valoir mes droits et notamment nous avons demandé la rétractation de cette ordonnance.

Je considère que tout ce qui a été orchestré pendant tous ces mois n’avait qu’une visée, c’était la déstabilisation de la fédération, et j’en veux que pour preuve, le texte qui est dans le préambule du fameux rapport qui je vous le rappelle ne nous a jamais été communiqué, donc pour l’instant ce n’est qu’un rapport d’étape et il y avait bien dans le préambule de ce rapport des inspecteurs la phrase suivante que je vais vous lire « les investigations menées à ce stade n’ont pas permis de corroborer toutes les affirmations contenues dans la note anonyme dont la visée déstabilisatrice semble au demeurant assez claire. Certains éléments apparaissent comme une présentation orientée de fait, sur-interprétée ou déformée, certaines affirmations sont probablement sujettes à caution et d’autres allégations sont impossibles à vérifier dans le cadre de la présente mission ».

Donc nous avons et moi j’ai déposé en février 2016 une plainte auprès du Procureur de la République pour dénonciation calomnieuse et propagation de propos mensongers, cette plainte maintenant va prospérer et nous allons précisément rechercher qui sont les auteurs de toutes ces calomnies qui ont été versées et nous allons demander à la justice de se prononcer sur ces actions qui ont été conduites.

Je n’ai pas d’autre commentaires.

Question : par extension comment comptez vous assurer une meilleure transparence au sein des instances dirigeantes de la FFT puisque c’est un sujet qui a été récurent pendant la campagne

Réponse : la transparence va se faire à 4 niveaux

1er niveau : au sein du Comité Exécutif il y aura des cessions qui se dérouleront sans le président, de façon à ce que les membres du comité exécutif puissent donner leur avis sur son action en matière de gouvernance.

Il y aura à peu près trois ou quatre réunions par an ce qu’on pourra appeler des décisions super exécutives et qui auront valeur décisionnaire.

Donc ça veut dire  que je me place volontairement sous l’évaluation des membres du comité exécutif.

2ème niveau de transparence c’est donc le Conseil Supérieur du Tennis qui lui a pour mission de surveiller, contrôler et d’évaluer la politique du comité exécutif.

Question : juste une question Monsieur le Président pour nos lecteurs : le conseil supérieur du tennis il existe déjà ?

Réponse : oui, si vous voulez bien je vous faire cadeau du premier numéro de TENNIS INFO qui suit notre élection et récapitule précisément la composition du CST.

Il a été élu en même temps , puisque je le rappelle l’élection a permis de nommer le comité exécutif avec les 18 membres qui sont issus de la liste France Tennis et puis les 32 membres qui sont élus des deux listes donc la liste France Tennis qui aura 24 élus et la liste Passion Tennis qui en aura 8, ce qui veut dire que la liste opposante sera représentée et pourra contrôler ou en tout les cas pourra donner son avis sur l’activité du comité exécuté, donc ça c’est le deuxième niveau.

Le troisième niveau c’est donc la création de la Haute Autorité du Tennis qui va se mettre en œuvre en application de la loi sur l’éthique dans le sport, donc cette haute autorité sera composée de 9 personnes qui seront élues directement par l’assemblée générale que nous avons programmée au 13 mai prochain.

Ces 9 personnes seront bien entendu issues du monde professionnel du tennis, il faut qu’ils soient licenciés?

Donc Monsieur X pourra être membre ? N’importe quel licencié peut se présenter, après il faudra justifier d’un CV avec les compétences qui justifient sa candidature mais il y aura appel à candidature à cette haute autorité du tennis.

Le quatrième élément de transparence, ce sont les États Généraux.

Nous organiserons deux fois par an des États Généraux. Cette année on va les organiser en deux temps de façon presque urgente, fin mars début avril exactement le 31 mars et 1er avril il y aura les États Généraux des clubs, donc ce sont à peu près 100 clubs et une cinquantaine de BE qui seront présents, au total les États Généraux réuniront 300 personnes donc à la fois les présidents des ligues et les comités départementaux et puis des présidents de clubs qui auront été choisis par les dirigeants. Une partie par moi, des dirigeants que j’ai rencontrés pendant la compagne, qui ont nourri et qui ont inspiré notre projet et donc ces États Généraux permettront une réunion tous les ans, permettront de garder ce lien avec le terrain et surtout de rendre compte des actions qui auront été engagées en fonction des remontées qui auront été enregistrées.

Question  : cela faisait l’objet de la question suivante, donc on va la zapper, concernant juste hâtivement  ces États Généraux, je voulais rapidement connaitre les modalités et les objectifs , je crois qu’on les a eus.

Réponse : Bien les modalités, il y aura 16 ateliers , donc je vous les donne,

comment alléger les contraintes administratives des clubs, comment valoriser les rôles des enseignants, comment exploiter les nouvelles licences, comment développer la communication des clubs, comment simplifier et gérer la composition par équipe, comment optimiser les relations avec les collectivités, comment organiser le club ados et le parcours vers le haut niveau, comment intégrer de nouvelles pratiques, comment le paiement en ligne apporte t’il une plus-value au club, la transformation digitale, le nouveau mode de communication, le tennis santé, le club durable et solidaire, la reconnaissance des bénévoles l’équipement des clubs et enfin les nouvelles ressources financières et les modalités économiques des clubs.

Question : c’est chargé.

Réponse : 16 ateliers qui seront à peu près avec une vingtaine de personnes par atelier à chaque fois de façon à ce que la parole puisse s’exprimer.

Question : Ça se passera à Roland Garros ?

Réponse : non Roland Garros est en travaux, ça se passera à Bercy, au Pullman de Bercy.

Question : ce qui fait beaucoup quand même ?

Réponse : c’est plus que de la volonté de transparence , c’est de la volonté de partage , quand on est bénévole on fait partager, donc on partage.

Question . le partage d’accord, c’est vrai qu’il y a Paris 2024 qui est bien placé pour obtenir les JO

Réponse : en tous les cas ,qui a désormais de sérieux atouts

Question : Avec le tennis au cœur des jeux olympiques, c’est une transition pour ma prochaine question . Je voulais vous parler rapidement de la DTN, on ne va pas reparler des événements de Rio aux derniers jeux olympiques, sans citer de noms, mais aujourd’hui, pour un novice on voudrait connaitre les missions et devoirs exacts de la DTN . Est ce qu’ils sont à redéterminer ,réellement ?

Réponse : Non les missions de la DTN sont définies dans les textes , donc la DTN , a une vocation qui est définie par la loi, par le Code du Sport. C’est essentiellement favoriser le développement de la pratique, et produire une élite capable de représenter la France dans les compétitions internationales.

Donc il y a cette dimension  de formation .

Donc il n’y a pas lieu de la remettre en cause, il y a lieu tout simplement de lui donner un nouvel élan avec une nouvelle équipe.

Question : LA DTN a un mandat de 4 ans c’est ça?

Réponse : non la DTN n’a pas de mandat. La DTN n’est pas synchronisée au mandat olympique.

Question : quel regard vous portez sur la dernière DTN, celle qui a démissionné au mois de janvier?

Réponse : je ne porte pas de regard, j’ai tourné la page.

Question : je vous remercie pour ces éclairages.

Juste un dernier point sur la DTN vous aviez évoqué un changement de mode de nomination de la DTN pouvez nous en dire un peu plus en deux mots.

Réponse : On a déposé auprès de la directrice des sports , le profil, en tous les cas  le projet sportif que nous entendions mettre en œuvre et le profil du candidat.

Donc le Ministère va lancer un appel à candidature sur son site internet, recevoir les candidatures, recevoir les candidats, nous faire une proposition . Nous allons introduire une nouveauté ,c’est que les candidats seront reçus par une instance , en tout les cas par un groupe de personnes qu’on a appelé le PODIUM , où on retrouvera , Yannick NOAH, Amélie MAURESMO, Guy FORGET et Cédric PIOLINE. Ce podium va, après les avoir auditionnés, nous donner un avis et un classement.

Nous retiendrons les trois meilleurs issus de cette audition, et ils seront ensuite reçus et auditionnés par le Comité exécutif qui votera à bulletin secret pour le choix du DTN

Ce choix sera ensuite soumis à l’approbation finale du Ministre, c ‘est la procédure qui le décide et le Ministre le nommera.

Question : ce mode de nomination n’était pas le cas auparavant ?

Réponse : non

Question : donc il y a une volonté assez ferme de recadrer la nomination du DTN ?

Réponse : d’abord il faut que le DTN ait un projet qui s’inspire du projet fédéral. On a été élu sur un projet sportif, ça c’est la loi, c’est le Code du Sport qui le dit, ce projet sportif doit ensuite être mis en œuvre. Le DTN doit décliner nos orientations avec une organisation qui lui appartiendra de nous proposer, et deuxièmement on sort, je dirais, du système de cohabitation tel qu’on l’avait connu, presque d’une forme consanguinité. Bien sûr les gens qui seront candidats devront avoir une très bonne connaissance, c’est d’ailleurs ce qu’on leur demande, avoir une expérience dans l’accompagnement des parcours de haut niveau, dans le management des équipes. Ils pourront d’ailleurs arriver avec des candidats complémentaires, avec un staff pour avoir des propositions, en tous les cas des compétences, parce qu’on ne peut pas aujourd’hui, avoir toutes les compétences quant on est DTN .  Ensuite nous, on va vraiment les recentrer sur leur cœur de métier qui est l’accompagnement vers le haut niveau du club, jusqu’aux portes du top 100, pour qu’ensuite il y ait des parcours qui soient plus individualisés, qui soient organisés.

Question : Très bien ce qui m’amène à vous poser une question que je n’avais pas préparée. et qui me tient tout de même à cœur, c’est que j’ai quand même regardé les derniers DTN, notamment Arnaud Di PASQUALE, je me suis posé juste une question de novice : La France a eu pas mal de top Ten ces trente dernières années ,pas un seul n’a été DTN, on a toujours, c’est dur à dire, un joueur finalement de seconde zone ….

Réponse : Les meilleurs joueurs comme vous dîtes ne se présentent jamais .

Question: Le comité exécutif a dressé une liste de joueurs susceptibles d’être appelés en sélection nationale , s’ils refusent des sanctions pourraient être prises à leur encontre ?

Réponse : Dans l’article L131.15 du Code du Sport, la Fédération française de Tennis tient son pouvoir d’une délégation que lui donne l’état.

Dans cette délégation il est expressément dit que la Fédération doit sélectionner les meilleurs joueuses et joueurs pour représenter la France.

Dans nos règlements, il a toujours existé le principe que c’est une sélection qui ne se refuse pas.

Dans nos règlements, il a toujours existé le principe que toute personne qui refuse une sélection peut s’exposer à des sanctions.

Et dans nos règlements, il a toujours existé le fait que ce n’est pas le Président qui sanctionne mais la commission des litiges.

La commission fédérale des litiges, qui a été élue comme moi de façon indépendante le 18 février peut, je dis bien peut, s’emparer d’une décision dans tous les cas d’un refus de participer à une sélection.

Qui peut saisir la Commission des litiges : le Président.

Donc le système sera simple, le Capitaine nous remettra son choix, sa pré-sélection, nous informerons les candidats, le DTN pardon va nous informer de l’équipe retenue par le Capitaine, nous informerons les joueurs en leur donnant une date limite de réponse.

Si au delà de cette date, il y a des réponses négatives ou pas de réponse, nous saisirons la Commission des Litiges.

Ensuite, dans l’échelle des sanctions dont la commission des litiges dispose, cela peut aller du simple avertissement jusqu’à la radiation avec dans l’intervalle soit une amende, soit une suspension pour une durée qui peut pas excéder 5 ans.

Question : quant vous dites sur tout ou partie du territoire, vous parlez bien entendu des tournois du cycle professionnel qui sont organisés sur le territoire français ?

Réponse : absolument.

Question : cela veut dire concrètement : un cas concret, Gaël MONFILS  refuse la sélection au mois d’avril pour jouer contre la Grande Bretagne, il peut être privé de Roland Garros.

Réponse : cela veut dire que tout joueur sélectionné , qui veut refuser une sélection pour des motifs non valables peut être privé de tous les tournois.

Question : les enjeux sont énormes ?

Réponse : c’est la France

Question : et donc ces sanctions seraient prises par la commission des litiges sur saisine du Président de la FFT ?

Réponse : absolument et après le joueur peut faire appel de la décision et l’appel est porté devant la Commission de justice fédérale, qui elle, est composée d’anciens présidents de ligue et d’anciens membres du Comité de Direction.

Très bien !! On ne reviendra pas sur les éventuelles sanctions qui pourraient être prises puisque ce n’est pas encore le cas.

On verra déjà au mois d’avril.

Le but c’est surtout toutes ces démarches de bien démontrer que la Fédération a changé d’époque, que ce n’est plus aux joueurs de décider s’ils veulent jouer ou pas, et qu’à partir du moment où ils sont sélectionnés ils doivent se tenir à la disposition de la fédération.

Question : vous en avez parlé avec les joueurs déjà ?

Réponse : oui

Question et le Capitaine ?

Réponse : Oui

Question : vous avez un retour ?

Réponse : oui

Q: Alors on verra ça au mois d’avril pour la coupe Davis ?

R : ma mission, c’est d’amener les joueurs dans les vestiaires, c’est ma mission après, dans les vestiaires c’est le job du capitaine, et si le capitaine dit, moi dans les vestiaires, je veux tel joueur, mon rôle à moi c’est de faire en sorte (notre rôle à nous en tant que dirigeants) c’est de faire en sorte que le joueur soit dans les vestiaires. Après la porte des vestiaires est fermée et tout ce qui se dit dans les vestiaires, reste dans les vestiaires. C’est une règle d’or.

: pas de commentaires, on verra sachant quand même les contraintes et difficultés du circuit professionnel.

R: écoutez , si on prend ce fauteuil uniquement pour être dans la facilité, il ne faut pas le prendre, voilà.

Q : très bien.Fin de la première partie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *